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Développer son autonomie et sa résilience

Comment démarrer un potager en permaculture pour débutants

femme qui ramasse un chou dans son potager en permaculture

Dans cet article

La permaculture attire de plus en plus de personnes en quête d’autonomie alimentaire et d’un mode de vie plus respectueux de la nature. Contrairement au jardinage traditionnel, elle s’inspire directement des écosystèmes naturels pour créer un potager productif, résilient et facile à entretenir. Que vous ayez un grand terrain ou seulement quelques mètres carrés, il est possible de démarrer un potager en permaculture même en tant que débutant, sans outils coûteux ni connaissances avancées.

Dans ce guide, nous allons voir pas à pas comment concevoir, préparer et entretenir un potager permaculture débutant. Vous découvrirez comment choisir le bon emplacement, préparer la terre sans labour, sélectionner des légumes adaptés et organiser vos plantations pour maximiser vos récoltes tout en respectant l’environnement.

🌿 En résumé :

  • Méthode adaptée aux débutants et peu coûteuse
  • Respecte les équilibres naturels et favorise la biodiversité
  • Peut se pratiquer sur petit ou grand terrain
  • Moins d’entretien que le jardinage classique
  • Récoltes abondantes et variées

Comprendre les bases de la permaculture

Avant de mettre les mains dans la terre, il est essentiel de comprendre ce qui distingue la permaculture d’un simple potager classique. Cette approche repose sur l’observation de la nature et la création d’un écosystème équilibré, où chaque élément joue un rôle complémentaire.

Les trois principes fondateurs

  • Prendre soin de la Terre : préserver et régénérer les sols, l’eau, les plantes et la biodiversité.
  • Prendre soin des personnes : produire une nourriture saine et abondante, accessible à tous.
  • Partager équitablement : redistribuer les surplus et limiter la consommation excessive.

Une méthode différente du jardinage traditionnel

Dans un potager traditionnel, on laboure, on désherbe et on plante souvent en monoculture. En permaculture, au contraire, on limite le travail du sol, on favorise les associations de plantes et on encourage la présence d’insectes utiles. Le but n’est pas seulement de récolter, mais aussi de créer un système qui s’améliore naturellement au fil du temps.

Pourquoi c’est idéal pour un débutant

Le potager permaculture débutant demande moins d’efforts physiques une fois installé. Les techniques de paillage et de compostage réduisent l’arrosage et limitent les mauvaises herbes. La diversité végétale protège contre les maladies et rend l’écosystème plus résilient face aux aléas climatiques.

 

Choisir l’emplacement idéal

Pour réussir votre potager permaculture débutant, l’emplacement compte autant que les graines. Avant de creuser, prenez un temps d’observation: soleil, vents, eau, microclimats, circulation… Une bonne place vous fera gagner des récoltes et économiser des efforts toute l’année.

Ensoleillement et orientation

  • Sud / Sud-Ouest : exposition idéale pour la plupart des légumes-fruits (tomates, courgettes, haricots).
  • Est : bon compromis, soleil du matin moins brûlant.
  • Nord : à réserver aux zones d’ombre, aromatiques d’ombre, salades d’été.
  • Ombre légère : utile en été pour éviter les coups de chaud sur salades et épinards.

Astuce : tracez l’ombre des arbres et bâtiments à 10 h, 13 h et 16 h sur un croquis simple pour visualiser les zones réellement ensoleillées selon les saisons.

Critère Ce qu’il faut viser Signal d’alerte
Soleil 6 à 8 h/jour pour les légumes-fruits Moins de 4 h/jour = limiter tomates/poivrons
Vent Zone abritée ou haie filtrante Couloir venteux desséchant
Eau Point d’eau à < 25 m Arrosage compliqué, tuyaux multiples
Sol Drainant, vivant, riche en humus Eau stagnante, sol compacté
Accès Proche de la maison (zone 1) Allers-retours pénibles = moins d’entretien

Protéger du vent et créer des microclimats

Le vent assèche, couche les plants et refroidit le sol. Plantez ou conservez des haies mixtes (persistant + caduc), des petits fruitiers, ou installez des brise-vent temporaires (canisses, filets). Une haie filtrante est plus efficace qu’un mur plein : elle ralentit le vent sans créer de turbulences.

Accès à l’eau et récupération

  • Placez le potager à portée de tuyau, ou installez des cuves reliées aux gouttières.
  • Prévoyez un arrosage gravitaire (réserve surélevée) ou du goutte-à-goutte low-tech.
  • Créez des baissières (rigoles à niveau) sur pentes douces pour infiltrer l’eau de pluie.

Lire le sol sans instruments

  • Vie du sol : présence de vers, odeur d’humus = bon signe.
  • Test du bocal : terre + eau dans un bocal, laissez décanter (sable/limon/argile) pour estimer la texture.
  • Drainage : creusez un trou de 30 cm, remplissez d’eau ; si l’eau stagne > 24 h, améliorez le drainage et surélevez vos planches.

Organisation du lieu : largeur des planches et chemins

Évitez de marcher sur les zones cultivées. Créez des planches permanentes et des allées confortables :

  • Largeur planche : 80–120 cm (atteignable des deux côtés).
  • Allées : 35–50 cm, paillées (BRF, feuilles, carton) pour limiter les “adventices”.
  • Forme : courbes douces qui suivent le relief pour une meilleure infiltration.

Éviter les zones problématiques

  • Points bas sujets aux inondations ou au gel tardif.
  • Bords de murs très secs et brûlants l’été (réservez-les aux aromatiques méditerranéennes).
  • Racines agressives (peupliers, bambous) qui concurrencent l’eau et la fertilité.

Petit mémo

  • 6–8 h de soleil pour légumes-fruits
  • Proche de la maison = entretien facile
  • Point d’eau à moins de 25 m
  • Haie filtrante contre le vent
  • Planches 80–120 cm, allées paillées

potager d'un permacultyeur débutant

Préparer le sol sans labour

Le cœur d’un potager permaculture débutant, c’est un sol vivant. Plutôt que de retourner la terre (ce qui perturbe la faune et dessèche l’humus), on nourrit et protège le sol en surface. Les vers, champignons et micro-organismes se chargent du “travail” à notre place.

1) La méthode “couverture permanente” (paillage)

Recouvrez le sol d’une couche de matières organiques pour limiter l’évaporation, freiner les “adventices” et nourrir la vie du sol.

  • Épaisseur : 8–12 cm au démarrage, 4–6 cm en entretien.
  • Quand : toute l’année, avec un appoint au printemps et à l’automne.
  • : sur les planches cultivées et dans les allées (paillis plus grossier).
Matériau de paillage Atouts Précautions
Feuilles mortes Abondantes, riches en carbone, protègent du froid Mélanger un peu d’azote (tonte) pour éviter la faim d’azote
Tonte fraîche (herbe) Nitrogénée, stimule la vie du sol Appliquer en fines couches pour éviter la fermentation
BRF (bois raméal fragmenté) Structure le sol, durable À réserver aux cultures gourmandes; éviter excès sur semis fins
Paille Propre, facile à étaler Peut attirer campagnols si très épais
Carton brun (sans encre) Bloque l’herbe, idéal en reprise Humidifier et couvrir d’un paillis organique

2) Compostage de surface

Au lieu d’enfouir, déposez vos matières compostables directement sous le paillis : épluchures, marc de café, fleurs fanées, petites tailles.

  • Rythme : petites quantités, souvent, pour “nourrir” la microfaune.
  • Astuce : alterner matières “vertes” (azote) et “brunes” (carbone) pour un équilibre C/N.

3) Les planches en “lasagnes” (démarrage express)

Parfait pour transformer une pelouse en potager sans effort.

  1. Fauchez ras. Posez du carton brun mouillé (chevauché).
  2. Alternez couches brunes (feuilles, paille) et vertes (tonte, déchets de cuisine).
  3. Terminez par 3–5 cm de compost mûr, puis paillis léger.
  4. Plantez directement (plants) ; pour les semis, ajoutez un filet de terreau en ligne.

4) Buttes : utiles ou pas ?

Les buttes peuvent aider sur sols lourds ou mal drainés, ou pour créer du relief et des microclimats. Inutile sur sol plat bien structuré : privilégiez alors des planches permanentes au niveau du sol avec paillage.

5) Activer la vie du sol

  • Engrais verts : phacélie, trèfle, seigle… à semer entre deux cultures pour couvrir, décompacter et nourrir.
  • Mycorhizes : favoriser en limitant le travail du sol et les apports d’engrais chimiques.
  • Arrosage doux : arrosez sous le paillis, lentement, pour hydrater en profondeur.

6) Chemins et bordures low-tech

Des allées paillées (BRF, feuilles, broyat) évitent la compaction. Utilisez des branches, tuiles récup’ ou planches pour délimiter sans plastique.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Paillis trop fin (inefficace) ou trop épais et tassé (risque de fermentation).
  • Semer directement dans un paillis grossier sans filet de terreau fin.
  • Laisser le sol nu après récolte : toujours couvrir (paillis, engrais vert).

Mini-mémo

  • Couvrir le sol en permanence (8–12 cm au départ)
  • Composter en surface, petit à petit
  • Lasagnes idéales pour débuter sur pelouse
  • Buttes seulement si besoin (sol lourd/drainage)
  • Allées paillées pour éviter la compaction

Sélectionner les bonnes plantes pour débuter

Le secret d’un potager permaculture débutant réussi, c’est de choisir des plantes tolérantes, productives et complémentaires. Commencez simple, gardez de la diversité, et misez sur des variétés locales ou rustiques.

Légumes faciles et généreux

  • Radis (18–30 jours) : parfaits pour occuper les interlignes et “tester” la fertilité.
  • Salades (laitue, batavia, roquette) : pousse rapide, aiment l’ombre légère sous un paillage.
  • Épinards & blettes : productifs, tolèrent la mi-ombre.
  • Haricots nains : enrichissent le sol en azote via leurs bactéries symbiotiques.
  • Courgettes : rendement élevé, demandent un arrosage régulier et un bon paillis.
  • Tomates cerises : plus simples que les grosses tomates, résistantes et très productives.
  • Pommes de terre “sous paillis” : très faciles sur pelouse convertie en planche.
  • Aromatiques (ciboulette, persil, thym, basilic) : peu d’entretien, utiles en cuisine et répulsives pour certains ravageurs.
  • Petits fruits (fraisier, framboisier) : pérennes, idéals pour stabiliser les bordures.

Associations bénéfiques (compagnonnage)

Associez légumes, fleurs et aromatiques pour stimuler la croissance, attirer les pollinisateurs et limiter les ravageurs.

Association Bénéfices À éviter
Tomate + basilic + œillet d’Inde Saveur améliorée, pollinisateurs, effet répulsif nématodes Tomate avec pomme de terre (maladies communes)
Carotte + oignon/poireau Odeur des alliacées masque la carotte, moins de mouches Carotte avec aneth en excès (concurrence)
Chou + capucine + menthe Capucine “plante-piège” à pucerons, menthe perturbe les altises Chou après chou (éviter la répétition)
Haricot + maïs + courge (trois sœurs) Maïs tuteur, haricot fixe l’azote, courge couvre-sol Haricot avec ail/poireau (freine la croissance)
Fleurs utiles (bourrache, souci, phacélie) Pollinisateurs, auxiliaires, sol couvert Excès de fleurs au détriment des cultures principales

Calendrier de démarrage (zones tempérées)

Un repère simple pour étaler vos récoltes. Adaptez selon votre climat local et vos microclimats.

Période Semis/Plantations conseillés Remarques
Printemps (mars–mai) Radis, salades, épinards, petits pois, pommes de terre, oignons, blettes Démarrer sous paillis, voiles possibles contre le froid
Début été (juin) Haricots nains, courgettes, basilic, fleurs compagnes Paillage épais pour limiter l’évaporation
Été (juil.–août) Semis échelonnés de salades et radis Privilégier l’ombre légère l’après-midi
Fin été–automne (sept.–oct.) Mâche, épinards d’automne, engrais verts (phacélie, seigle) Préparer la planche pour l’hiver, couvrir le sol

Densités et espacements (repères simples)

  • Salades : 30 × 30 cm ; intercaler radis entre les plants.
  • Tomates cerises : 50–60 cm sur le rang, tuteur + paillage.
  • Haricots nains : lignes à 40 cm, graines tous les 8–10 cm.
  • Courgettes : 80–100 cm entre pieds, mulch abondant.
  • Pommes de terre : 30–40 cm sur le rang, recouvrir de paillis au fur et à mesure.

Variétés “débutant-friendly”

  • Tomate cerise ‘Sweet 100’, ‘Gardener’s Delight’.
  • Courgette verte ‘Black Beauty’.
  • Haricot nain ‘Contender’ ou ‘Ferrari’.
  • Laitue ‘Feuille de chêne’, ‘Reine de Mai’.
  • Épinard ‘Géant d’Hiver’, blette ‘Verte à Carde Blanche’.
  • Fraisier remontant ‘Mara des Bois’.

Erreurs à éviter quand on débute

  • Trop de cultures d’un coup : commencez avec 5–7 espèces, apprenez, puis élargissez.
  • Sous-estimer la taille adulte : respectez les espacements, sinon maladies et petites récoltes.
  • Ignorer les rotations : alternez familles (solanacées, fabacées, brassicacées, etc.).
  • Semer tout le même jour : préférez des semis échelonnés (toutes les 2–3 semaines).

Mini-mémo

  • Choisir des variétés rustiques et locales
  • Mixer légumes, fleurs et aromatiques
  • Privilégier radis, salades, haricots, courgettes
  • Respecter espacements et rotations
  • Échelonner les semis pour des récoltes continues

Planifier et organiser son potager

Un potager permaculture débutant gagne en simplicité avec un peu d’anticipation. La planification évite les trous de production, limite les maladies et vous fait gagner du temps. Pas besoin d’outils complexes : un croquis, quelques repères et des rotations de base suffisent.

Zonage en permaculture : rapprocher l’utile

Placez ce que vous visitez souvent près de la maison (zone 1) et le reste plus loin (zones 2 à 4). Cela réduit les allers-retours et rend l’entretien régulier plus facile.

  • Zone 1 : salades, herbes aromatiques, radis, compost, réserve d’eau.
  • Zone 2 : tomates, courgettes, haricots, fraisiers.
  • Zone 3 : cultures de stockage (pommes de terre), courges coureuses, engrais verts.
  • Zone 4 : haie fruitière, tas de bois, zone sauvage accueillant auxiliaires.

Rotation des cultures (3–4 familles suffisent)

Alternez les familles d’une année sur l’autre pour limiter maladies et carences. Voici une trame simple à adapter :

Année Famille/Exemples Après quoi ?
1 Solanacées (tomate, piment) Après légumineuses
2 Brassicacées (choux, roquette) Après solanacées
3 Légumineuses (haricots, pois) Après brassicacées
4 Racines & bulbes (carottes, oignons) Après légumineuses

Intercalez des engrais verts (phacélie, trèfle, seigle) lorsque des planches restent libres : ils couvrent, nourrissent et structurent le sol.

Un croquis qui fait gagner gros

Sur papier, dessinez votre espace avec planches (80–120 cm), allées paillées et points fixes (eau, compost). Placez :

  • Les cultures exigeantes (tomates, courgettes) près de l’eau.
  • Les cueillettes fréquentes (salades, herbes) proche de la porte.
  • Des fleurs utiles (bourrache, souci) en bordures pour attirer pollinisateurs.

Successions et échelonnements

Pensez “après” avant de semer : un emplacement peut produire 2 à 3 cultures dans l’année.

  • Radis → salades d’été → mâche
  • Petits pois → haricots nains → engrais vert
  • Pomme de terre primeur → courgette

Échelonnez les semis toutes les 2–3 semaines pour des récoltes continues (surtout salades et radis).

Organisation hebdomadaire (routine simple)

  • Lundi : observation 10 min (pousses, ravageurs, humidité sous paillis).
  • Mercredi : semis/plantations rapides (15–30 min).
  • Samedi : paillage, désherbage doux, arrosage profond si besoin.

Gabarits de planches thématiques (prêts à copier)

  • Planches “salades express” : lignes serrées de laitues + radis intercalés + ciboulette en bordure.
  • Planches “tomates compagnes” : tomates cerises tuteurées, basilic au pied, œillets d’Inde en bordure.
  • Planches “trois sœurs” : maïs en ligne, haricots à ramer sur le maïs, courges couvre-sol.

Mini-checklist

  • Zonage : rapprocher les cultures visitées souvent
  • Rotation sur 3–4 familles
  • Croquis avec points d’eau et compost
  • Semis échelonnés pour récoltes continues
  • Une courte routine hebdo suffit

Entretenir et observer

Dans un potager permaculture débutant, l’entretien repose plus sur l’observation que sur la force. En regardant régulièrement l’humidité du sol, la vigueur des plants et la présence d’auxiliaires, vous intervenez juste ce qu’il faut, au bon moment, et vous gagnez en résilience.

Arrosage raisonné (économe et efficace)

  • Arroser le matin de préférence : les plantes disposent ainsi de l’eau au moment où elles en ont le plus besoin pour la photosynthèse, et l’humidité profite pleinement à la journée de croissance.
  • Arroser peu mais profondément : mieux vaut 1 bon arrosage/semaine que de petites bassines quotidiennes qui restent en surface.
  • Sous le paillis : écartez-le, arrosez lentement, puis remettez-le pour limiter l’évaporation.
  • Goutte-à-goutte low-tech : bouteilles percées, ollas en terre cuite, tuyaux microporeux.
Indicateur Que faire ? Fréquence
Sol sec à 5 cm de profondeur Arroser longuement jusqu’à humidifier 15–20 cm Vérif. 2–3 fois/semaine en été
Feuilles molles en fin de journée Observer le matin suivant avant d’arroser Occasionnel
Paillis léger et épars Rajouter 3–5 cm de couverture Toutes les 3–4 semaines

Gestion naturelle des “ravageurs”

En permaculture, on cherche d’abord l’équilibre. Les pucerons, limaces ou altises indiquent un milieu à ajuster (eau, ombre, diversité) plutôt qu’un ennemi à “éradiquer”.

  • Prévention : diversité de cultures, floraisons étalées (bourrache, souci, phacélie), haies et tas de bois pour auxiliaires.
  • Barrières physiques : voiles anti-insectes sur jeunes choux, collerettes contre les altises, anneaux de cuivre contre certaines limaces.
  • Pièges et leurres : planche humide ou demi-pamplemousse pour collecter les limaces, capucines “plantes-pièges” à pucerons.
  • Préparations douces : savon noir très dilué pour pucerons, décoction d’ail/ortie en prévention (sans excès).

Désherbage… ou plutôt “gestion des adventices”

  • Étouffer : recouvrir de carton + paillis sur zones envahies.
  • Arracher jeune : après pluie, racines entières ; laisser sécher au soleil puis remettre sous le paillis.
  • Occuper le sol : engrais verts ou cultures couvre-sol (courges) pour limiter les levées.

Nourrir le sol en continu

  • Apports fractionnés : compost mûr en fines couches au printemps/automne.
  • BRF/feuilles : structure et protection, à compléter d’un apport azoté (tonte) si nécessaire.
  • Thé de compost/aqua de compost (option) : stimule la vie microbienne, en arrosage au pied.

Routine d’observation (10 minutes chrono)

  • Regarder : nouvelles pousses, feuilles jaunies, traces de mastication, fleurs et pollinisateurs.
  • Toucher : humidité à 5 cm, densité du paillis, compaction éventuelle des allées.
  • Agir léger : biner superficiellement si croûte, rajouter paillis, pincer une tige, poser un tuteur.

Mini-mémo

  • Arroser peu mais en profondeur
  • Observer 10 minutes, 2–3 fois/semaine
  • Privilégier barrières et biodiversité
  • Garder le sol couvert et nourri
  • Intervenir tôt, en douceur

Récolter et prolonger la saison

Dans un potager permaculture débutant, la récolte se fait souvent au fil des besoins, pour consommer des légumes frais et éviter les pertes. L’idée est d’étaler les productions sur l’année, en combinant variétés adaptées, semis échelonnés et protections simples.

Récoltes échelonnées

  • Couper plutôt qu’arracher : pour salades, épinards, blettes, récoltez feuille à feuille pour prolonger la production.
  • Radis et salades : semis toutes les 2–3 semaines pour avoir toujours des jeunes plants prêts à consommer.
  • Courgettes : récolter petites pour stimuler la mise à fruit continue.
  • Tomates cerises : cueillette régulière pour limiter les maladies et favoriser de nouvelles grappes.

Prolonger avec les variétés et les dates

Jouer sur les variétés précoces, de mi-saison et tardives pour étendre la période de récolte.

Culture Précoce Mi-saison Tardive
Tomate cerise ‘Sungold’ ‘Black Cherry’ ‘Green Zebra’
Courgette ‘Early Prolific’ ‘Black Beauty’ ‘Trompette de Nice’
Haricot nain ‘Contender’ ‘Ferrari’ ‘Purple Teepee’
Salade ‘Reine de Mai’ ‘Feuille de chêne rouge’ ‘Merveille d’Hiver’

Protéger pour prolonger

  • Voiles de croissance : protègent du froid et des insectes, utiles au printemps et à l’automne.
  • Mini-serres ou cloches : idéales pour tomates tardives ou salades d’hiver.
  • Tunnels bas : réchauffent le sol et protègent des pluies froides, favorisant la croissance hors saison.

Semis et plantations d’automne

Pour garder un potager vivant toute l’année, misez sur des cultures résistantes au froid :

  • Mâche, roquette, épinard d’hiver.
  • Oignon, ail, échalote pour récolte au printemps suivant.
  • Engrais verts (seigle, vesce, phacélie) pour nourrir et protéger le sol.

Gestion post-récolte

  • Composter sur place : broyez les résidus sains et laissez-les sous le paillis.
  • Replanter rapidement : ne laissez pas une planche nue, installez un engrais vert ou une culture rapide.
  • Arroser le matin si nécessaire : en fin de saison, un apport d’eau ciblé peut prolonger les récoltes.

Astuces de permaculteurs expérimentés pour les débutants

Un potager permaculture débutant progresse vite avec quelques réflexes simples. Ces conseils viennent du terrain : ils font gagner du temps, de l’eau et des récoltes.

Commencer petit, réussir grand

  • Surface idéale : 15–30 m² pour apprendre sans se décourager.
  • Objectif clair : 3 légumes “pilier” (salades, tomates cerises, haricots) + 2 “bonus”.
  • Routine courte : 10–20 min, 3 fois/semaine suffisent avec un bon paillage.

Multiplier sans dépenser

  • Boutures faciles : romarin, thym, sauge, cassissier.
  • Échanges locaux : plants et graines via voisins, AMAP, grainothèques.
  • Semences paysannes : préservez des variétés rustiques, adaptées à votre sol et climat.

Gérer l’eau avec bon sens

  • Arroser le matin pour accompagner la photosynthèse de la journée.
  • Paillis permanent : c’est votre “réservoir” d’humidité.
  • Cuves et arrosage gravitaire : pression douce, économie d’énergie.

Lire ses plantes

  • Bords jaunissants : faim d’azote → apport léger de tonte/compost.
  • Feuilles violettes : froid/stress phosphore → paillage plus épais, protection nocturne.
  • Fleurs mais peu de fruits : manque de pollinisateurs → ajoutez bourrache, souci, phacélie.

Anticiper les pics de travail

Période Actions clés Astuce gain de temps
Début printemps Semis précoces, mise en place du paillis Semer en plaques alvéolées pour repiquer groupé
Début été Arrosages profonds, tuteurage, échelonnements Bouteilles-percées/ollas + checklist hebdo
Automne Nettoyage doux, engrais verts, plantations d’ail/échalote Compostage de surface direct sous le paillis

Problèmes courants : réponses express

  • Limaces : planches-pièges, arrosage le matin, paillis aéré, canards en zone 3 si possible.
  • Herbes envahissantes : carton brun + 10 cm de paillis pendant 3 mois.
  • Sol compact : fourche-bêche sans retournement l’hiver + engrais verts racinaires (seigle, vesce).

 

Démarrer un potager permaculture débutant est à la portée de tous, que l’on dispose d’un grand jardin ou d’un petit coin de terre. En appliquant les bases vues dans ce guide – observation, sol vivant, diversité des cultures, arrosage raisonné – vous créez un espace productif et équilibré qui vous nourrit tout en respectant la nature.

La permaculture n’est pas seulement une méthode de culture : c’est une manière de penser et d’interagir avec le vivant. Chaque saison, vous apprendrez à mieux connaître votre sol, vos plantes et les cycles naturels, en ajustant vos pratiques au fil des années.

Ne cherchez pas la perfection dès la première année. Lancez-vous avec quelques cultures simples, observez, expérimentez, et agrandissez peu à peu votre espace cultivé. Le plaisir de récolter vos propres légumes, cultivés sans chimie, sera votre meilleure récompense.

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